En vérité, chacun a à inventer son rapport à l’amour. Ainsi, certaines personnes, le plus souvent des hommes, ne sont pas sûrs « d’être amoureux » et du coup affirment ne pas savoir ou vouloir s’engager. Mais rien ne dit que pour être heureux en couple, il faille « être amoureux ».
D’ailleurs, dans bien des cas, l’on aime et l’on est aimé sans le savoir. Il faut donc d’abord être libre des idées reçues véhiculées par les médias et le cinéma — modèles qui nous coupent de notre expérience propre. Il existe de nombreux autres éléments indispensables pour établir une relation solide : le respect, la confiance, la tendresse…
Plus problématique encore est l’idée que le sentiment amoureux serait clair.
Combien de gens ont constaté en se retournant sur leur passé qu’ils n’avaient pas su reconnaître combien telle personne ou telle autre, les avaient aimés profondément (ou à l’inverse combien on avait abusé d’eux). Croire que nous savons très clairement ce qui se passe en nous et dans une relation est illusoire. Là réside d’ailleurs une grande part du travail qu’il nous faut faire : apprendre à regarder la situation sans a priori.
Toute relation est vivante. On ne sent pas l’amour, comme on fait couler l’eau d’un robinet. Il n’y a là rien d’automatique, ni d’aussi évident.
Certains ne réussissent pas très bien à savoir ce qu’ils éprouvent — ce ne sont pas, et de loin, les moins aimants ?
D’autres, sont à l’aise avec des grandes déclarations, des grandes émotions qui ne durent que le temps d’un éclair — comme s’ils préféraient l’intoxication émotionnelle à la vérité d’une relation. Tout cela nous rappelle combien il est important d’être libre.
Les émotions ne disent pas toujours la vérité. Il faut les interroger.
Pour aller plus loin : Et si de l’amour on ne savait rien ? de Fabrice Midal chapitre 3 « La clef qui ouvre la porte de l’amour est l’attention »