Toi + moi = nous. Mais où est passé le “je” ? Pour ne pas se perdre dans son couple et le nourrir sans l’épuiser, une seule solution : cultiver la (bonne) distance et affirmer son identité. Le mariage, c’est quand un homme et une femme ne font plus qu’un. Le plus difficile, c’est de savoir lequel ! » Cette boutade de Woody Allen résume à merveille la problématique du couple. Tout ce qui paraît magique au début – partager le même lit, les mêmes goûts, les mêmes amis, les mêmes loisirs, les mêmes tics de langage – conduit trop souvent non seulement à l’appauvrissement du sentiment amoureux (sinon à sa mort), mais aussi, parfois, à la sensation de perdre son identité. Le « nous » remplaçant le « je », l’entité couple finit par absorber les individus. La relation transforme l’autre en une prolongation de soi, en un double à la fois prévisible et invisible. Le désir s’éteint, la lassitude gagne.
Ils ont choisi de se pacser. Faute de pouvoir se marier ? Et s’ils en avaient la possibilité, franchiraient-ils le pas ? Cinq couples d’homosexuels nous confient ce que la loi de 1999 a changé pour eux. Et dans le regard des autres. Le 5 juin, à Bègles, en Gironde. Le premier couple gay convole devant le maire, Noël Mamère. Un pas vers un changement de la loi ? Pas si sûr quand on voit la levée de boucliers que l’initiative a provoquée. Pourtant, beaucoup de couples gays et lesbiens se sont pacsés à défaut de pouvoir se marier.
Dans son dernier livre, “La Force de la fidélité”, le philosophe Alain Etchegoyen fait l’éloge de celle qu’il appelle une “idée neuve”. L’occasion d’enquêter sur cette valeur en hausse, choisie et non plus imposée par la morale. La monogamie, c’est comme l’arrêt de la cigarette : un jour après l’autre, sans penser à demain, avec la fierté d’être plus fort que la tentation. » Bertrand, 46 ans, est un ancien fumeur. Et un ancien volage. Il vit aujourd’hui avec Caroline, sa troisième femme, depuis quatre ans. « Je n’ai jamais été fidèle aux deux premières. Elles le savaient plus ou moins. Mes incartades sexuelles n’ont jamais été la cause réelle, avouée, de nos séparations. Mais aujourd’hui, je sais qu’elles ont sapé mes précédents couples. Avec Caroline, très exigeante sur la question, j’ai accepté de tenter l’engagement à 100 %. Et pour l’instant, à ma grande surprise, ça me va très bien comme ça. »
La rédaction Psychologies.com Lire la suite sur Psychologies.com